Brève histoire du kasàlà

Belgique, début des années '90.

Le kasàlà, sous sa forme actuelle, a été élaboré à partir d’une thèse de doctorat soutenue à l’Université libre de Bruxelles (Kabuta, 1995). Dès 1992, la poésie panégyrique traditionnelle faisait déjà partie de mes cours de linguistique et littérature africaines à l’Université de Gand. À côté des cours, il a été pratiqué dans de nombreux ateliers. Dans le même temps, il évoluait et s’enrichissait de nouveaux apports. Je travaillais en français et en néerlandais, et je n’ai pas trouvé dans ces langues des équivalents précis pour des concepts aussi complexes "kasàlà" (cilubà), "izibongo" (zulu), ou "oriki" (yoruba), etc. J’ai alors décidé, pour la commodité de mon auditoire, d’utiliser "kasàlà" comme terme générique pour toutes les formes de poésie d’éloge en Afrique. Au département des langues et cultures africaines, j’ai eu l’une ou l’autre fois l’occasion, en tant que directeur de thèse, de dire mon éloge au récipiendaire sous forme de kasàlà lors de sa soutenance. En dehors de l’Université, les premiers participants étaient principalement des thérapeutes et des enseignants du secondaire.

En 1995, une association à but non lucratif, dénommée Kasàlà, a été créée, dans le but de faire mieux connaître la pensée africaine et de favoriser la rencontre entre les occidentaux et les africains.

Dès cette époque, j’ai été invité par des cercles de psychiatres (Paris), de philosophes (Anvers), de théologiens (Louvain-la-Neuve), de neuroscientifiques (Bruxelles, Kinshasa), d’hommes et de femmes de lettres (Gand, Bruxelles), etc. En outre, j’ai donné des conférences et fait des présentations lors de colloques internationaux (France, Gambie, Belgique, Pas-Bas, Afrique du sud, RDC, Inde), sans parler des livres et articles publiés en différentes langues. 

​En 2003, le Centre Kasàlà a été créé à Kinshasa, afin de contribuer à l’amélioration de la vie de la population, en utilisant le kasàlà moderne comme outil. Entre 2005 et 2012, des dizaines de bénévoles belges se sont rendus à Kinshasa pour soutenir le Centre de Kasàlà en participant aux différentes activités du centre.

En collaboration avec l’ONG belge Echos communication, Kasàlà a organisé de nombreux ateliers en Belgique et dans différents pays africains, notamment à travers un projet appelé Harubuntu « Il y a de la valeur ».

En 2008, j’ai été invité par l’Alliance Française au "10ème printemps des poètes" à Kinshasa, dont le thème était "l’éloge de l’autre". Un grand nombre d’écoles secondaires de Kinshasa ont également participé à cet événement.

En octobre 2009, une formation d’une semaine intitulée « Neurosciences et Kasàlà » et dirigée conjointement par l’ONG Echos communication et Kasàlà, au eu lieu à Kinshasa. 

En 2010, un groupe de Belges a visité le Centre Kasàlà à Kinshasa et a fait ensuite un voyage aux sources du kasàlà à Mbujimayi.  

Au fil des ans, quelques concepts ont été élaborés, tels que: Personne abîmée, Colère vitale, Discours intime, Grande santé, Charte magique de la personne abîmée...

Par ailleurs, Kasàlà a bénéficié, sous diverses formes, du soutien de différents organismes : Coopération belge, Province de Flandre occidentale, HeidelbergCement, Université de Gand, etc.

De janvier à septembre 2013, Kasàlà a assuré la formation de 1000 travailleurs et leurs chefs au sein de l’entreprise de grande distribution Colruyt. 

Dès 2014, Gérard Delphine reprend la direction de l’ASBL Kasàlà, et organise de nombreux ateliers en Belgique, en France et au Canada, dont certains portent sur la rencontre du kasàlà et de la biodanza. 

Canada, juin 2010.

Les premiers ateliers au Canada ont eu lieu à l’Université Saint-Paul d’Ottawa (par moi-même en juin 2010 et par une collaboratrice, Peggy Snoeck, avant 2010).

​A partir d’août 2012 août, le kasàlà fait son entrée au département de psychosociologie et travail social de l’UQAR, où il est, depuis lors, intensément pratiqué et associé à certains cours (roman familial, sens et projet de vie, autobiographie...). A travers les universités du Québec, j’ai découvert le RQPHV (Réseau québécois pour la pratique des histoires de vie).

Dans le même temps, des ateliers sont régulièrement organisés au Québec (Rimouski, Sherbrooke, Québec, Montréal, etc.) et ailleurs (Belgique, France, Suisse, Martinique…), à côté de présentations aux colloques internationaux (Canterbury, Montréal, Trois-Rivières) et de la participation aux événements comme le Mois de l’histoire des Noirs. Depuis 2018, des formations se donnent également en ligne.

Rimouski est presque devenue la Mecque du kasàlà, en raison de sa pratique intensive des différentes formes de kasàlà. Elle attire les gens qui souhaitent avoir une saveur du kasàlà contemporain. Enfin, c’est aussi à Rimouski qu’on trouve un nombre croissant d’animateurs et d'animatrices.

Dès janvier 2019, un site Web bilingue canadien a été créé sous le nom de Kasàlaction.

Depuis février 2019, des étudiantes de l’UQAR font leur stage de bac 1 et bac 2 chez Kasàlaction sur le kasàlà comme méthode d’intervention en psychosociologie, tandis que le kasàlà est diffusé dans le système d'enseignement au Québec.

Au trimestre d'été 2020, un cours intitulé "Approche symbolique et poétique en psychologie" a été dispensé pour la première fois au Certificat de psychologie.